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                                                                 Création 2016 – Shakespeare’s commedia

                                   

   Mon p’tit écho 2017 : Une sorte d’au revoir !

Oui, nous avons encore vécu une belle année théâtrale et nous l’ajoutons avec joie aux 47 précédentes ! Et pourtant cette année 2016 aura été, dans notre petite histoire, la plus noire pour les finances et la plus éprouvante sur le plan humain.

Oui, comme par le passé, en 2016, nous avons tenu tous nos engagements artistiques et sociaux ; nous vous en donnerons un résumé à la fin de cet «écho d’émotions».

Oui, malgré l’annonce, fin 2015, de l’arrêt du financement du Pôle Culturel Départemental géré par le Trac, malgré une incroyable baisse de subventions (65%),  l’association a fait le choix de maintenir les emplois, la masse salariale, tous ses projets et partenariats.

Tout le monde a travaillé d’arrache-pied (actions culturelles et recherches de financement) pour sortir de l’impasse, mais la réalité du déficit d’exploitation s’impose en cette fin d’année 2016 (environ 38 000 ? équivalent à la perte de l’aide publique : un manque impossible à combler par notre seul travail).

Heureusement, la saine gestion de l’association, basée sur un fond de roulement prévoyant et un auto financement conséquent, sauve l’association d’une faillite immédiate.

Mais jusqu’à quand ?

 

La démarche d’éducation populaire du Trac a poursuivi des objectifs ambitieux, voire utopiques, en vue d’un développement culturel démocratique sur un territoire rural (mais aussi dans les quartiers populaires). Cela grâce à l’engagement des citoyens – adhérents et sympathisants- dans toutes les phases de la créativité, et grâce à l’écoute du «sensible commun» que révèle la culture du partage et du lien social.

Par la mise en place progressive d’un «outil professionnel» au service des amateurs et des publics éloignés (construction d’un vrai théâtre à la campagne, d’un «théâtr’œuf», par l’organisation de formations, de stages de réalisation, par la diffusion d’un théâtre-tout-terrain du cœur des villages à la pleine nature…), par l’invention des premières «classes théâtres» et de nouvelles formes de Rencontres (Emulations, Créativités Croisées, Résidences de Jeunes…), le Trac avait prouvé son Savoir Faire original, reconnu du «terroir à l’international» (54 invitations dans 26 pays).

Et pourtant : « Patatrac ! »

 

Le Trac était donc parvenu à un juste équilibre dans les échanges et les partenariats entre amateurs et professionnels, et s’imposait dans le paysage culturel comme un modèle d’économie sociale et solidaire. Un concept de solidarité où la masse de travail bénévole contribue à la rétribution des professionnels. Une pratique de «l’art» où l’investissement des amateurs est certes motivé par le plaisir de jouer et le bonheur de l’aventure théâtrale, mais aussi par le rêve d’un autre monde possible, là où le Faire Ensemble demeure au cœur des rapports humains !

 

Et c’est, en outre, une grande fierté de constater que, sans jamais avoir eu la prétention d’être une «école» (mais simplement un lieu de pratique théâtrale où la pensée poétique et la beauté accompagnent la vie), près de 140 personnes qui sont passées par le Trac ont débouché sur un métier lié au spectacle vivant et à la culture !

Ceci témoigne, s’il fallait encore s’en convaincre, de la justesse des valeurs d’ouverture, de synergies, et de la pertinence des choix d’orientations : se doter d’un bel outil efficace (salle, équipement technique, autonomie de diffusion…) ; coopérer avec des professionnels généreux, compétents, partageant notre philosophie ; proposer une recherche théâtrale respectueuse des apports de l’histoire et audacieuse dans son répertoire et son esthétique (réflexions sur le Chœur contemporain, sur les Scénographies éphémères en divers sites patrimoniaux et naturels, sur les Écritures d’un théâtre « documentaire », sur le renouveau de la culture populaire…).

 

Il est vrai que la présente situation vient assombrir ce beau parcours sur les chemins du «jeu de l’enchantement théâtral» tant recherché, et qu’il est aujourd’hui difficile de trouver l’énergie pour rebondir, tant le sentiment d’injustice est fort. Car, une remise en question si soudaine de notre expérience pédagogique, artistique et sociétale provoque une sorte de blessure à l’esprit d’initiative, à l’âme de la beauté singulière pour tous, à cette force fascinante individuelle et collective qui nous animait (dont l’enthousiasme autour de la dernière création « Shakespeare’s Commedia » est un bel exemple).

Bien que nous soyons conscients de la petite pierre que nous avons apporté à l’édifice de la démocratie culturelle, il nous faut maintenant marcher avec ce caillou dans le soulier, et rassembler ce qui nous reste de courage et de désir pour encore proposer, espérer et … créer !

Peut-être aurions-nous pu mieux faire ? Mais nous n'avons pas à rougir de l'action menée, des formations dispensées, des emplois créés, des talents dévoilés, des bonheurs partagés, des émotions ressenties, des pensées exprimées, des débats enflammés, des rencontres survoltées, des voyages surprenants... ni des erreurs commises!

Le seul baume envisagé pour soulager la blessure faite au temps de félicité laborieuse et aux gens de généreuse lucidité serait de continuer à préparer l'humus des cultures à venir pour les jeunesses sagaces et volontaires !

Après cette « sorte d’au revoir » au Trac d’hier, et en attendant la nouvelle évolution ou métamorphose de l’association, permettez-moi de vous souhaiter quantité de Vœux de félicité et d’émerveillements renouvelés.

N.B : Comme promis, voici l’Année 2016 en quelques Chiffres.

Le Trac a donné 104 représentations, de 21 spectacles différents (dont 9 avec d’importantes distributions, 8 avec les conteurs du Trac et 4 lectures - musique), dans 30 communes (dont 24 en Vaucluse, 4 Ardèche, Drôme, Alpes de Haute Provence et Bouches du Rhône,  et 2 à l’étranger –Suisse, Tunisie-). Plus une Conférence à Montréal –Québec.

Le Trac a aussi accueilli quatre troupes, dont une en résidence pendant un mois.

Sans compter les formations, les stages, les ateliers, les animations scolaires… !

 

Et, un rapide coup d’œil sur les nouveautés pour 2017 : Le Commissaire dans la truffière d’après Pierre Magnan ; Le petit musée des destinées extraordinaires, Création Ados ; Le Malade Imaginaire de Molière ; Animal, Ani-Mots ou La Fontaine se ressource, d’après Jean de La Fontaine ; Gilgamesh ou Paroles d’Argile, Création d’après L’Epopée de Gilgamesh.

Et autres Contes, Récits, et Surprises !

 

Publications concernant nos actions en 2016 :

- Dans la revue des Amis de Jean Proal (n°10), un article « Bagarres, en balades et feuilleton » à propos de notre création d’après le roman de Proal.

- Dans la revue « La Scène » Hors Série Décembre 2016, un article sur le Trac.

- La Société française d’histoire de Jeunesse et Sports a recueilli notre témoignage à propos de notre action d’éducation populaire et de la vingtaine de Stages de Réalisation pilotés par le Trac en Provence.

                                                                                                                      Vincent Siano

 

Tag(s) : #Brèves de Trac - Actualités