le Trac écho


Mercredi 11 octobre 2006 3 11 /10 /Oct /2006 23:10


écho N° 60


Octobre à mars 2006

THÉÂTRE RURAL D’ANIMATION CULTURELLE Place du Marché -
84 190 BEAUMES-DE-VENISE
Tél. / fax : 04 90 65 05 85
Courriel : trac.beaumesdevenise@wanadoo.fr
Site Internet : www.trac-beaumesdevenise.org


« Tous les grands thèmes de théâtre sont spiritualistes et je ne crois pas à une pièce ni à une mise en scène qui ne sont pas conçues avec le sentiment et le désir de nous présenter un peu plus que l’homme de chaque jour, un peu plus que ce que nos oreilles peuvent entendre, un peu plus que ce que nos yeux peuvent voir. »

Louis Jouvet
Cité par Michel del Castillo
dans « Sortie des artistes » page 271
Editions Seuil, 2000

Edito : Sur le chemin des félicités particulières…!

Qui aurait pu deviner, il y a 27 ans, lorsqu’une vingtaine de « mordus » de théâtre décidèrent de créer le Trac, que l’aventure aurait de tels prolongements ?
Et pourtant, elle continue ! Grâce à vous tous.
La saison 2005-2006 a, une nouvelle fois, démontré les capacités d’adaptation et d’innovation de notre association.
L’évolution de nos sociétés et les contraintes qu’elle impose à la vie culturelle et artistique apportent chaque jour les preuves de la justesse de notre point de vue sur une culture de proximité et une démarche d’éducation populaire (considérée comme « ringarde » dans les deux dernières décennies du XXeme siècle !).
On ne peut pas impunément tout « marchandiser » (traiter de la même manière une canette de boisson gazeuse et la relation humaine que crée un poème, une représentation...).
On ne peut pas impunément se débarrasser de la culture populaire et dévaloriser la créativité et l’imaginaire des gens qui n’entrent pas dans les circuits officiels et institutionnels de l’art.
On ne peut pas impunément se draper dans la condescendance et l’arrogance de l’idéologie élitiste. Et surtout pas en se contentant de critiquer, voire d’humilier les exclus du cercle d’initiés .
Tout ceci, entre autre, a contribué à la multiplication des fractures (économique, sociale, culturelle, communautaire…). Et par manque de lisibilité, de transparence, on en arrive à des amalgames pernicieux. Il devient ainsi impossible d’identifier ne serait-ce que l’embryon d’une politique culturelle qui serait réellement au service, à la fois de l’art, des artistes, et des populations.
Comment clarifier les enjeux de l’art et de la culture, les rapports de l’œuvre au public, les spécificités du spectacle vivant, les nuances entre les activités de loisirs, les pratiques d’expression et une véritable implication citoyenne dans la création artistique ?
Par exemple, il ne suffit pas d’organiser une « journée patrimoine » pour réellement valoriser et dynamiser le travail et le devoir de mémoire (qui va bien au delà de la tradition). Il faut aussi nous semble-t-il, y réfléchir collectivement et mettre cette mémoire en jeu dans les corps et les esprits.
Non, il ne suffit pas de consommer du culturel, fut-il le meilleur produit du marché esthétique, il faut aussi créer du «sensible commun», et savoir ce que nous voulons partager.
Non, il ne suffit pas de voir, ou de faire du théâtre, il faut penser quotidiennement à l’irruption du poétique dans la rencontre de l’autre, dans le rapport à « l’être », dans la présence au monde.
Immense programme !!!
Mais, si au cours de notre avancée, certains ont pu ressentir (que ce soit côté public ou côté scène), ne serait-ce que quelques instants de ces félicités particulières, eh bien, notre travail, notre engagement, notre abnégation, n’auront pas été inutiles.

Vincent

L’écho du Trac

Extraits des courriers

-À propos de « Dom Juan »
« Merci et bravo pour l’éblouissante interprétation de Dom Juan. Le jeu de scène de Dom Juan : exceptionnel, quelle classe. Celle de Sganarelle aussi nous a tous ravis. Vous avez tous contribué à ce que nous passions une agréable soirée. Revenez-nous vite. »
Des spectateurs - de la Vallée du Toulourenc

« Je souhaitais vous féliciter pour l’excellent spectacle que vous nous avez offert à Brantes le 11 août.
Un Dom Juan de toute beauté et à la séduction entière, accompagné de son Sganarelle magnifiquement interprété : ce fut un très agréable moment. »
M.C. - Grenoble

- À propos de « Chivau Frus »
« Dans le cadre des 10 ans de Font’Arts à Pernes-les-Fontaines, j’ai eu la joie et le privilège d’assister au spectacle spécialement conçu pour la circonstance par Vincent Siano : « Li Chivau Frus » qui retrace dans une fresque de chevalerie l’histoire du Comtat Venaissin et l’une de ses capitales, Pernes.
Le spectacle est magnifique, les acteurs de grand talent.
Merci et bravo au Trac de Beaumes-de-Venise »
Pierre Gabert, Maire de Pernes-les-Fontaines

- Autres courriers
« J’ai connu le Trac par ma belle sœur, Hélène Boudier ; je vous ai rencontrés trois fois dans le Var et quelquefois chez vous ; depuis que Nouche ne fait plus partie de cette troupe sur terre, je ne fais que vous suivre par vos échos, envoyés régulièrement. Votre démarche d’ouverture, de réflexion, de création est un baume au cœur. Bravo! »
Maryvonne - Draguignan

« Merci vivement pour le programme et son contenu de réactions. Je fais partie du Rêve Éveillé à Orange et j’apprécie votre troupe dont j’ai vu plusieurs pièces. Ça fait plaisir d’avoir près de chez nous une troupe ayant cette envergure. Bravo ! »
Christiane - Orange

« Je suis toujours avec beaucoup d’intérêt les documents du Trac qui me parviennent. Je regrette entre autres de ne pas avoir pu voir Dom Juan. Bravo pour votre talent et merci pour tous les bons moments que vous nous avez fait passer avec votre compagnie. »
Jean-Bertrand - Jonquières

Extraits de la presse


- À propos des « Colporteurs d’Histoire 2 » à Sault

« Dans la cadre des Nuits de la Nesque la compagnie « TRAC » a enchanté le public saltésien. Les comédiens ont raconté l’Histoire de France en textes et en chansons, étalant une grande maîtrise de la comédie et de l’art vocal…. »
Le Dauphiné 31/07/06

- À propos de « Dom Juan » à Sisteron

« Le Dom Juan de Molière a reçu une formidable ovation des 300 fidèles de l’Alcazar. Un « Dom Juan » revisité dans une mise en scène dynamisée, où le jeu des « corps » surprend par sa modernité—mais où l’esprit et la lettre du texte de Molière sont magnifiquement servis. La distribution est sans faille, le Trac, par ses méthodes de travail, par son perfectionnisme, depuis un quart de siècle, n’a plus d’amateur que le « statut » de ses comédiens. »
Le Dauphiné 30/07/06



Le temps du changement ?

Compte rendu de la réunion du 29/09/06

Les adhérents se sont retrouvés à la salle Fracasse le vendredi 29 septembre 2006 pour la traditionnelle réunion de rentrée.
Le but était d’évoquer les différents problèmes inhérents au fonctionnement de notre structure (labellisée par le Conseil Général de Vaucluse : « Pôle de Développement Culturel pour les pratiques Amateur »).
Le Trac se doit d’être à la hauteur de cette distinction qui récompense le travail accompli depuis 3 décennies par les bénévoles, les salariés, les comédiens et adhérents.
Il s’agit donc d’évoluer vers une plus grande rigueur administrative et financière en se donnant les moyens de ces ambitions.
Les différentes interventions dans la salle ont abouti à la création de commissions (technique, charte, finances) qui permettra de finaliser une restructuration en douceur de l’association.
Les participants ont ensuite évoqué les projets pour l’année à venir et les différentes créations qui verront le jour en 2007.
Tous ces points seront reformulés lors de l’Assemblée Générale.
Jean-Luc

Assemblée Générale du Trac

Le Jeudi 23 novembre 2006 à 20h00
À la salle Fracasse de Beaumes-de-Venise

N.B. : Ceux qui souhaitent prendre part aux votes de l’Assemblée Générale doivent être à jour de leur cotisation.
Contacter le secrétariat au 04 90 65 05 85


Petit bilan d’été

Vous avez désormais l’habitude de nos étés « torrides », une surchauffe d’activité !
En l’espace de 5 semaines (du 6 juillet au 13 août) nous avons donné 21 représentations (dont 5 lectures sur « l’Olivier » en pleine nature).
« eXXiLs » et « Dom Juan » ont parcouru les routes du Vaucluse et celles des Alpes de Haute Provence. Nos équipes ont reçu un accueil formidable (lire certaines impressions des spectateurs et de la presse).
L’étonnement est toujours grand de constater l’affluence de spectateurs et leur enthousiasme dans de tout petits villages d’une cinquantaine d’habitants (120 spectateurs à Brantes, 150 à Redortiers, 250 à St Geniez !).
Quand à la création de l’été, « Chivau-Frus » (stage de réalisation 2006), on peut dire qu’elle a été « victime » de son succès puisqu’il y avait à chaque représentation, dans le cadre de Fon’Arts, bien trop de monde, ce qui empêchait une bonne visibilité et surtout une bonne écoute. Mais il en va ainsi du théâtre de rue ! Ne nous plaignons pas !
Au cours de cet été 2006, plus de 3400 spectateurs auraient donc vu les représentations du Trac.

Ça se passe au Pôle »

Colloque sur « Dom Juan »
en partenariat avec Université Populaire d’Avignon

Samedi 18 novembre 2006 à la salle Fracasse
- 14h30 Accueil
- 15h00 le « Dom Juan » de Jean Vilar, et autres interprétations…
Présenté par Melly Puaux
- 17h00 « Dom Juan » baroque
Présenté par Bernard Proust
- 19h30 Repas convivial et discussions informelles
au Centre Culturel de Beaumes de Venise
- 21h30 Musiques et chansons du Trac : Soirée festive.

Dimanche 19 novembre 2006 à la salle Fracasse
- 14h30 Représentation de « Dom Juan » de Molière par le Trac
- 17h00 Discussion avec la troupe et Jean-Pierre Raffaelli
(Directeur du Conservatoire de Marseille et co-metteur en scène de « Dom Juan »)
- 19h00 Vin de clôture

N.B. : L’ensemble du colloque (représentation comprise) est gratuit, une participation financière sera demandée pour le repas (de l’ordre de 10 €) Réservation auprès du Trac avant le 10 novembre au 04 90 65 05 85.
Au cas où il resterait des places disponibles pour la représentation, le tarif sera fixé à 8 €.

« Emulations »
En partenariat avec l’ATV et la DDJS de Vaucluse

Rencontre des groupes d’amateurs autour d’un texte de Valère Novarina.
Samedi 17 et dimanche 18 février à salle Fracasse de Beaumes-de-Venise.
Renseignements et Inscriptions auprès de l’ATV au 06 77 93 24 42


« Chivau-Frus », unique représentation !
(Voir le joli dépliant ci-joint !)

Ce spectacle, spécialement conçu pour le festival de théâtre de rue de Pernes-les-Fontaines, sera expérimenté une seule fois en salle, chez nous !
Les parades des Chivau et les musiques des troubadours seront peut-être reprises sous une autre forme de spectacle de rue.
À suivre.

« L’Assemblée des Oliviers » création 2006

Nous arrivons peu à peu à la concrétisation de ce projet de longue haleine, en collaboration avec UPR, la chambre d’Agriculture et d’autres partenaires institutionnels dans le cadre d’un programme européen Leader +.
« L’assemblée des Oliviers » est un conte philosophique où le « roi des arbres » y joue le rôle principal !

« Si l’olivier m’était conté, ou plutôt si l’olivier était conteur, que nous conterait-il de lui, de ses racines, de ses ramures et de ses fruits, de ses origines de l’Himalaya à la Méditerranée, de son compagnonnage avec l’histoire de l’humanité ? »


Pièces à Pièces
Rendez-vous de l’«automne / hiver»
Avec le Trac et ses partenaires


- « Chivau-Frus, joutes territoriales» Stage de réalisation 2006

Forcalquier Manifestation « senteurs et saveurs » Dimanche 8 octobre
Beaumes Salle Fracasse Dimanche 15 octobre 17h00



- « eXXiLs » Stage de réalisation 2005

Beaumes Salle Fracasse Vendredi 20 octobre 21h00
(en partenariat et au profit de Amnesty International Carpentras)
Avignon Espace Jeanne Laurent Dimanche 22 octobre 14h15
(en partenariat et en solidarité avec le Secours Catholique - 60ème anniversaire)
Sorgues Salle de fêtes Mardi 7 novembre 20h30
(dans le cadre des « Rencontres de l’ATV »)
Séguret Salle de fêtes Samedi 18 novembre 18h30
(dans le cadre de « Après les vendanges »)



- « Dom Juan » de Molière . Création Trac 2006

Caromb à l’occasion des « Automnales » Dimanche 8 octobre
Lauris Salle des fêtes Dimanche 5 novembre 17h00
(dans le cadre de « Après les vendanges »)
Beaumes Salle Fracasse Dimanche 19 novembre 14h30
(dans le cadre du colloque « Dom Juan » avec l’UPA - voir programme ci-joint)
Rochegude Salle des fêtes Samedi 20 janvier 20h30
Carpentras Salle des fêtes Jeudi 22 mars 20h30


- « L’olivier, poèmes et musiques »
Auprès des communes du Luberon - dates à déterminer
(en partenariat avec l’Université Populaire Rurale)



- « L’Assemblée des Oliviers ». Création Cep 2006
Beaumes Salle Fracasse Samedi 2 décembre 20h30

Tournée sur les communes du Ventoux - dates à déterminer
(en partenariat avec l’Université Populaire Rurale- voir rubrique ci-jointe)


PS1 : Le Trac continue son partenariat avec la CoVe pour les « Acampado » 2007. Le programme figurera sur notre site et sur celui de la CoVe.


PS2 : Des modifications de programme pouvant intervenir, vérifier les informations en temps voulu, sur notre site www.trac-beaumesdevenise.org ou par téléphone au 04 90 65 05 85

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Publié dans : le Trac écho

Mercredi 5 juillet 2006 3 05 /07 /Juil /2006 16:56

écho N° 59
Juillet à Octobre 2006


THÉÂTRE RURAL D’ANIMATION CULTURELLE Place du Marché -
84 190 BEAUMES-DE-VENISE
Tél. / fax : 04 90 65 05 85
Courriel : trac.beaumesdevenise@wanadoo.fr
Site Internet : www.trac-beaumesdevenise.org




« Redonner du souffle aux politiques publiques de l’art et de la culture pour les sortir de la spirale de l’obsolescence dans laquelle elles sont engagées impose de les (ré)inscrire dans une relation à notre devenir collectif. »


Jean-Claude Wallach.
« La culture, pour qui ? »
Éditions de l’attribut, janvier 2006




Édito : L’équilibre par le mouvement

    Récemment, dans la cadre de la formation du stage de réalisation, je jouais au « funambule », sous le chapiteau de nos amis de Malaucène (cirque « les pieds en l’air »), et j’éprouvais les stimulantes difficultés pour trouver le point d’équilibre sur le fil d’acier.
    En permanence, ce point vous échappe et le mouvement le rattrape.
    Une quête permanente.
   Il ne faut cesser d’être concentré sur son objet, mais toujours dans l’action du corps, tendu vers l’objectif. La métaphore de l’incassable recherche d’équilibre sur le fil, dans la dynamique, convient bien, me semble t-il, à l’expérience, « en suspens », du Trac.
    Jauger la bonne hauteur, la bonne longueur, la bonne dimension des choses. Trop haut, on se brûle les ailes ; trop bas, on s’enlise, on patauge.
    Démesuré, et c’est l’explosion ou l’implosion ; étriqué, et c’est le huis clos restreint, le microcosme rabougri.
    Éviter la prétention, l’insatiabilité, la facilité, l’autosatisfaction, le repli sécurisé-sécuritaire.
    Équilibrer son ambition dans le mouvement du débat permanent, à la recherche des esthétiques riches de sens, pleines de vie (et de vies individuelles).
    N’avons-nous pas dans cette avancée, maintes fois, frôlé le déséquilibre fatal ?
    Les dettes et les doutes liés à la folie de vouloir construire notre théâtre ; les tensions entre les partisans de la professionnalisation de la troupe et ceux du maintien dans la mouvance de l’éducation populaire ; le compréhensible mais déséquilibrant départ des jeunes formés au sein de la troupe ; les limites de l’engagement bénévole dans la gestion de notre salle Fracasse, et dans une politique généreuse de formation, de création et de diffusion ; la fragilité des emplois aidés (technique et secrétariat) dépendants des dispositifs d’insertion, et dont on ne peut malheureusement pas envisager la pérennisation ?
    Après chaque traversée « périlleuse », on pourrait « s’établir », et jouir d’un peu de stabilité méritée, mais alors pourquoi faut-il de nouveau repartir sur le fil pour un nouveau défi ?
Vincent


PS : Dans ce 59 ème Trac écho, vous trouverez de nombreuses rubriques qui donnent la parole aux spectateurs ou à des participants (d’où la nécessité d’un feuillet supplémentaire !)



« Ça s’est passé au Pôle »
(Pôle de Développement Culturel des Pratiques Amateurs)

Créativités Croisées
« Compte rendu »
9 compagnies de théâtre, des élèves du Conservatoire d’Avignon et de Marseille, ainsi qu’un groupe mixte (élèves de danse + musiciens et comédiens) étaient réunis le week-end du 31 mars au 2 avril. Certains, qui venaient de loin, n’ont passé qu’une journée, mais la plupart se sont rencontrés.
«Créativités Croisées» a réellement pris un sens ce week-end.
«Créativités», parce que les comédiens présentaient un travail parfois inachevé, en recherche. Et même si certains travaux étaient aboutis, avaient pris la forme d’une création, les plages de débat offraient la possibilité de ne pas laisser se figer ce que l’on venait de voir.
C’est aussi là d’ailleurs que «Croisées» prenait sens, car les spectateurs et donc les participants aux débats étaient les comédiens, élèves, musiciens des autres groupes. Les plages de débat ont permis à chaque groupe d’avoir un retour et les temps de parole ont laissé place à l’expression de points de vue dont la richesse ouvre toujours sur d’autres horizons.
Le théâtre ayant pris une place prédominante, l’ambition, pour l’année future, serait d’accentuer le pluriel de «Créativités», de diversifier davantage les propositions dans divers domaines artistiques.
À l’année prochaine…
Véronique Antoine

« Créativités Croisées… Corps décroisés»

- Vendredi 31 mars

Corps au combat, corps flamboyants, corps utopiques de femmes bravant l’autorité, corps abstinents, corps de désir, plaisir de la joute, corps revendicatifs, égalité des corps, être femme libre, corps libres, corps sociaux, corps en fête…

- Samedi 1er avril
Corps en projets, corps d’Afghane dissimulé, tiraillé, au nom de dieu, corps maltraité, corps abusés, corps ivres, chèvre qu’on trait, qu’on traite, qu’on violente, corps qui zigzague dans les ports…
Concile des corps, vierge, corps de fils crucifié, saint esprit sans corps, dieu grabataire bordé d’escarres, contemplation des corps souffrants de l’humanité, corps fornicateurs, dieu de débauche consacré, sacré con, prenez ceci est mon corps…
Maldoror, odeur des corps, corps puants d’étroitesse, pour en finir avec le jugement de dieu, corps mortifère, le cri d’Artaud fouraille le ciel, corps d’humour…
Dieu n’a pas d’adresse, inconnu à cette adresse, absence de dieu, corps qu’on broie, corps tendu, corps vengeur, corps lapidés, la main court sur le papier, les mots oublient dieu, les marchands du temple occupent le terrain, la peste brune voyage entre les deux rives de   l’Atlantique…

- Dimanche 2 avril

Encore une Marie, immaculée conception, corps à raclées, démultiplication des corps, corps tranquille, corps pushing-ball, tabassage à volonté, cri du corps en désespoir d’amour…
Corps en tension, corps adolescents, corps à fleur de peau, corps qui s’effleurent, corps opposés, corps à corps, mangeurs d’étoiles d’été, inaccessibles étoiles…
Corps en manque d’enfance, corps jaloux, corps difformes, corps exsangues, corps en manque, corps barbouillés, corps enflammés, corps dissimulés, plaisirs des corps refoulés…
Corps en mouvement, corps légers, comme une plume, corps déhanchés, corps en rupture, corps qui prend forme, forme de corps, doigts d’un air d’accordéon, regards d’enfants, corps poétique, corps des mots, maux des corps, corps aliénés…
Corps exultants, corps avachis sur les gradins, corps en jeu, corps en attente, corps en dire, corps en écoute, corps de dieu, mais dieu n’a pas de corps… La femme et l’homme qui ont crée dieu à leur image quittent le plateau. Noir.
Henri Bourgon

Emulations

Quelques impressions ! (publiées dans le bulletin de l’ATV)

Quel mot prometteur pour des passionnés de théâtre !
Nous étions une dizaine de compagnies ou d’ateliers à avoir préparé un passage des « Sorcières de Salem » d’Arthur Miller...
C’était passionnant de voir tous ces personnages (Abigaël, Proctor, Parris…) à la fois si différents et si ressemblants. Comment ne pas adhérer pleinement à cette première journée placée sous le signe du partage ?
Le lendemain, Jean-Pierre Raffaelli est revenu sur nos propositions avec une justesse, une pertinence et une simplicité qui nous ont rendus impatients de nous remettre au travail. Comment ne pas être définitivement conquis par cette deuxième journée placée sous le signe de la transmission ? Emulations, un mot qui a tenu toutes ses promesses…
Valérie Barberio

M. Raffaelli nous a permis de découvrir l’auteur des « Sorcières de Salem » sous un angle humaniste profond. Il nous a apporté un jeu de clefs supplémentaire. Personnages et mots sont abordés sous un angle nouveau.
Par son approche, il ouvre un univers de perception, d’espace, de mots, de liens dans des drapés de ressentis où nous n’allions pas de façon spontanée. Il nous y entraîne avec fougue, passion, il bouscule nos habitudes et nous pousse sur des chemins de traverse.
Inoubliables moments ! Un régal des sens…
Valérie

Notre atelier adulte a participé pour la première fois à ces rencontres. Ce fut un enchantement !
Par touches progressives, par des mots qui percutaient nos imaginaires, par les déplacements proposés aux acteurs, par les changements effectués dans l’espace scénique, M. Raffaelli nous entraînait dans une compréhension plus riche et plus approfondie de tout notre travail théâtral, nous stimulait pour inventer encore et encore.
Jackie et Evelyne
Envoi du Trac Echo

Petits enchantements !

    La représentation d’« eXXiLs », à « salle ouverte » dans le quartier de la Barbière (Rencontre Avignon,,,,), a été ovationné par le public populaire (familles, élèves, adolescents…).
    Une rencontre entre des comédiens et des jeunes élèves a pour la suite eu lieu au collège Mathieu Anselme.

    Celle de « NiYa’Yo », à l’occasion de la fête de la forêt, en pleine nature, à l’ombre des grands arbres du Ventoux, et pour le plus grand plaisir des 200 spectateurs qui ont suivi l’histoire des Amérindiens.


    L’insolite renaissance du « garde champêtre » qui a intrigué quelques sorties d’écoles pour annoncer dans la musique et la bonne humeur, les veillées avec la CoVe.

    La re-création de « Dom Juan » de Molière aux USA avec les étudiants américains (voir les analyses des spectateurs)

    ….et l’acte de naissance du « Pôle de développement culturel pour les pratiques artistiques des amateurs* » confié au Trac lors d’une cérémonie officielle à Rasteau le 19 mai 2006 (le Pôle de Beaumes-de-Venise et celui de Rasteau-Vaison sont les 2 premiers, d’autres seront créées à l’initiative du Conseil Général de Vaucluse).
    En remerciement, le Trac a offert une représentation d’« eXXiLs » aux personnels de l’Assemblée départementale.
    * Convention signée avec le Conseil Général de Vaucluse, DDJS de Vaucluse et la commune de Beaumes de venise)

    Suite à notre dernier Trac echo, 65 personnes ont fait un geste d’amitié et de confiance envers le Trac (49 sont Vauclusiens, les autres se répartissent sur 8 départements et 2 nous viennent d’Amérique !).

« L’écho du trac »
 
Un large écho !
    Dans ce Trac écho, vous pouvez lire de nombreux textes ou extraits de courriers qui nous sont parvenus ces derniers mois.
    Nous répétons ici que nous sommes ravis de vous lire, et, chaque fois que nous le pouvons, de reproduire vos réactions, vos appréciations, voire vos coups de gueule !
    Nous communiquons donc d’une part les échos « traditionnels » reçus à l’occasion de nos diverses manifestations culturelles, diffusions… mais aussi des extraits de certains travaux d’étudiants américains qui, dans le cadre de leurs études sur la littérature européenne, avaient au programme « le mythe de Dom Juan ».
    Ces étudiants ont pu voir à la fois le « Dom Juan » de Molière interprété par les professionnels de la « Shakespeare Theater Company » de Washington et notre travail à l’Université (au « Goucher College » près de Baltimore).
    D’où une analyse parfois comparative des deux versions de « Dom Juan ».
    Nous sommes, bien sûr, heureux des « retours » l’enthousiasme du public et des autorités universitaires (n’oublions pas que les fonds privés collectés pour inviter notre troupe outre-Atlantique se sont montés à 12.000 dollars! Pensez-vous qu’une université française trouverait cette somme pour faire venir des amateurs d’un village des États-Unis ?)
    Un professeur, qui avait déjà vu notre « Avare », est venue avec ses étudiants de l’État voisin (du Delaware! À une centaine de km !). Inutile de vous dire que nous sommes fiers de cette confiance, et cela nous met aussi un peu trop « sous pression »! Notre lucidité et notre « dogme » autocritique nous permet d’éviter le piège de l’immodestie comme celui de la « fausse modestie ». Mais derrière cette expérience se trouvent les vrais questions du rapport public - représentations - spectateurs - acteurs.
    Qu’est-ce qui emporte l’adhésion d’un public ? D’un spectateur ? Que se passe-t-il précisément entre la personne qui regarde et celle qui joue et notamment lorsqu’il existe une difficulté supplémentaire dans la compréhension de la langue ?
    Nous avons été passionnés par ces éléments d’analyse comparative, car il font réfléchir sur la dialectique de la représentation.
    Quelle est la part du langage textuel et celle du visuel ? Celle de l’interprétation ? Celle de la scénographie ?…
    Nous sommes conscients que nous ne pouvons comparer les performances et l’excellence du jeu des gens du métier avec celles des amateurs, mais alors où se jouent les émotions, les sensations, les enchantements ?
    Voici un questionnement pour les chercheurs universitaires !
Vincent

P.S.: Nous nous étions déjà posé ces questions avec des étudiants irlandais à Dublin après qu’ils aient assisté à notre représentation de « En attendant Godot » de Beckett, et à celle du « National Theater » de Dublin. Le débat reste , et restera sans doute longtemps, ouvert !

Dom Juan  aux U.S.A

« Le libertin est un dévot du mouvement sous toutes ses formes »
Michel Onfray Théorie du corps amoureux Edit. Grasset. 2000

« To see a play performed that one has studied beforehand should always be as enlightening an experience as it was when the TRAC performed « Dom Juan »

À la fois séduisant et sans remords

    « Voir jouer une pièce que l’on a étudiée au préalable devrait toujours être une expérience tout aussi éclairante que quand le TRAC a joué Dom Juan. Voir la pièce sur scène a approfondi ma compréhension de l’interprétation de Molière, de ce mythe (tout comme la représentation du Shakespeare Theater Company) et cela montre combien différentes et valides peuvent être les interprétations de Dom Juan (en particulier lorsque l’on compare la production du TRAC. avec celle du Shakespeare Theater Company).
    La maîtrise du TRAC. dans sa version de la pièce est visible dans le fait qu’il a réussi à traduire le côté comique de la pièce sans toutefois perdre l’aspect sérieux et menaçant qui sous-tend le texte pour ceux qui sont disposés à le voir. Il est à noter que le Shakespeare Theater Company a réussi à traduire ce dernier aspect en passé à côté du précédent.
    Le décor du TRAC. était quelque peu gothique, éclairé à la bougie, sans beaucoup plus, ce qui de manière effective a rehaussé l’aspect sombre de la pièce. Mais les allusions les plus extraordinaires aux commentaires sérieux de Molière furent les ajouts d’ « entre-scènes » supplémentaires ou de personnages muets (des représentations d’idées plutôt), les deux s’intégrant sans pour autant changer le texte original.
    Celles-ci fonctionnaient très bien pour souligner les notions d’athéisme, de destin, de contrôle personnel et de sexualité dans la pièce. »
Jordi Rozenman

    « Dans sa production de Dom Juan ou le Festin de Pierre, le TRAC. a fait assez de changements importants pour que la pièce reste d’actualité, tout en retenant les paroles originales du texte. Par exemple, Sganarelle dans cette version a été bien plus comique et cela a rendu la pièce plus légère que l’on pourrait croire en lisant le texte.
    D’un autre côté, Dom Juan a été insidieux, sérieux, et plus menaçant que l’homme de raison que l’on pourrait imaginer à partir du texte de Molière.
    Le TRAC. a aussi pris soin de mettre l’accent sur Dom Juan comme séducteur. La scène ajoutée dans laquelle il danse un tango sensuel est suivie par sa séduction à la fois de Charlotte et de Mathurine.
    La musique espagnole jouée à la guitare pendant ses séductions a aidé à souligner et mettre l’accent sur la manière dont il interprétait ses répliques.
    Allant encore plus loin, le TRAC. a décidé de montrer Dom Juan séduisant M. Dimanche aussi. »
William Knap


    « Comme je ne peux pas généralement comprendre plus d’un mot sur dix ou vingt du français parlé, veuillez excuser le fait qu’il n’y aura pas de discussion approfondie du dialogue en ce rapport. Si je peux le dire sans pousser l’analogie trop loin, tout de même, la distance de la langue m’a rendu un peu comme un sourd-muet : quand les signes visuels sont tout ce qu’on a pour comprendre, ils deviennent étonnamment vifs.
    Par exemple, il y avait un joli petit travail avec les accessoires, avec la mise en place de la table dans la première scène. Il aurait été facile d’avoir tout simplement quelques objets mis sur une table pour l’ambiance, mais il y avait plutôt des fruits, une fleur, du vin, et la chaussure d’une femme.
    Toutes les obsessions et tous les plaisirs de Dom Juan, et à vrai dire, de la grande majorité de l’humanité.
    Tout bien considéré, j’ai trouvé que cette production était une interprétation merveilleuse du mythe de Dom Juan et elle m’a aidé à trouver de nouveaux symboles et thèmes dans la pièce que je n’avais pas vus auparavant »
Mimi Smith-DeCoster

    « J’ai beaucoup apprécié la production de Dom Juan du TRAC. Je pense que la pièce a été très bien construite et j’ai apprécié énormément comment ils ont incorporé des étudiants de Goucher dans le spectacle.
    Comme j’avais déjà vu la pièce de Molière jouée, en anglais, ce semestre à Washington D.C., il a été incroyablement facile pour moi de suivre et comprendre même si je n’ai pas compris chaque mot prononcé.
    Le fait qu’ils ont joué dans le français original a contribué à son authenticité et n’a fait que renforcer l’expérience. Ce n’est pas souvent que nous avons l’occasion de voir un spectacle joué sur le campus, par une troupe de théâtre professionnelle, et qui plus est, dans une langue étrangère.
    J’ai apprécié aussi les changements qu’ils ont fait pour leur représentation de la pièce. En ajoutant une touche personnelle qui a marqué une production comme la leur.
    Les rapports entre Dom Juan et la danseuse, et entre Dom Juan et M. Dimanche, ont montré jusqu’où irait Dom Juan pour séduire, pour avoir tout ce qu’il désire.
    Sa manipulation à travers la séduction a été plus en évidence dans cette production que dans la version que nous avons vue à Washington et elle nous a donné une meilleure compréhension de la nature vraie, mauvaise, de Dom Juan. »
Jeff Attix

Mon aventure américaine !

    Prendre en charge Pierrot et M. Dimanche (personnages dans « Dom Juan ») n’est certes pas une mince affaire, surtout lorsque l’on n’a que quatre jours de préparation avant la représentation.
    Cependant, lorsque l’on se retrouve aux États-Unis, près de Baltimore, dans une université où les élèves aussi bien que les professeurs nous accueillent avec un enthousiasme sans égal, ça ne peut être que stimulant.
    Le fait de devoir jouer une pièce en français pour des Américains, m’a emené à traiter mes personnages d’une façon inhabituelle. Le jeu s’est basé sur des gestes et des attitudes universelles qui ont rajouté du comique à la situation.
    Les cinq élèves de « Goucher College », qui ont joué dans la pièce, étaient enjoués et confiants envers Vincent qui les dirigeait.
    Je tire mon chapeau spécialement à l’unique professeur qui a joué dans la pièce et qui s’est vu devenir « le frère » de son propre élève.
    D’autre part, vivre dans un campus m’a permis d’assister à des cours, voire même d’en être l’invité et de pouvoir partager nos réflexions sur Dom Juan, étant donné que les élèves travaillaient sur le mythe de Dom Juan.
    C’était donc une expérience aussi enrichissante pour moi que pour eux.
    Étant tous désireux de mener à bien cette entreprise, l’ambiance aura été très chaleureuse et tellement fructueuse que je ne peux qu’être ravi d’avoir fait partie de l’aventure.
Benoît Miaule

Toujours à propos de Dom Juan
L’Université Populaire d’Avignon et le Trac accueillent…

Michel ONFRAY, philosophe, (fondateur de l’Université Populaire de Caen) à l’Amphithéâtre AT02, vendredi 7 juillet à partir de 15h30, dans les locaux de l’Université d’Avignon, Site « Sainte Marthe » - 74 rue Louis Pasteur.

Pour la saison 2006-2007, l’UPA envisage d’aborder deux thèmes : « Le théâtre dans la cité » et « Libertés, libertarismes, libéralismes… ».
A la jonction entre ces deux thèmes, il nous a semblé intéressant de réfléchir ensemble au sens et à la portée du « Dom Juan » de Molière.
En partenariat avec le TRAC, l’UPA proposera donc, au cœur de l’automne, le week-end du 18 novembre consacré à cette pièce (avec une représentation de « Dom Juan » du Trac, des conférences, des cours et des débats autour de la pièce).
Dès cet été, en guise d’introduction à ce programme, Michel ONFRAY donnera une conférence sur « Dom Juan » à l’Université Populaire d’Avignon

L’écho du Trac
    Extraits de courriers

- À propos des « Colporteurs d’Histoires 2 »
« Je viens de vous voir pour la première fois à Cadenet et… quel plaisir ! Cette mise en scène rythmée, réglée, propre… cet énorme travail de texte et de recherche historique… Ces chants variés et bien chantés… Sans oublier la richesse des jeux de scène…
Bravo!!! J’ai passé un excellent moment et me suis dit « J’aurais aimé jouer dans cette pièce!!!
Merci à vous! Bonne continuation! »
Sandrine

« Le 5ème festival de théâtre de Cadenet a été un moment fort de la vie culturelle de notre village.
Le succès de ce festival est en grande partie à mettre sur le compte de la confiance que vous nous avez témoignée et également du talent des acteurs de votre troupe.
Je vous renouvelle tous mes remerciements.
Nous avons tous passé, ainsi que les 200 spectateurs présents, un moment d’exception.
J’espère tous vous  retrouver pour le sixième festival. »
Mme Torez - Adjointe à la Culture

- À propos des « Interventions pédagogiques Commedia Del’Arte »
« Votre participation au Fil’Art 2006 a été appréciée par le public et par nous tous.
Nous tenions à vous remercier pour votre intervention qui a été essentielle pour notre festival et qui a contribué à son enrichissement.
Votre présence et votre soutien nous ont permis de réaliser une manifestation unique.
Au nom de toute la classe, un grand merci».
Lycéen du lycée agricole Louis Giraud de Serres

- À propos du « Trac et du Trac Echo »
« C’est un plaisir et une dose d’espoir qui nous parvient régulièrement via votre périodique. Étonnement et admiration face à la multiplicité et la diversité des vos activités, plaisir et délectation à la lecture de vos textes éditoriaux ou de vos réflexions, petits chefs-d’œuvre tant par leur forme que par leur contenu qui, pour nous en tout cas, sont autant de moments forts et percutants dans le cours de nos lectures habituelles.
Vos activités forcent d’autant plus d’enthousiasme qu’elles émanent, croyons-nous le percevoir, d’un engagement résolu, par une trop rare alliance de la Pensée et de l’action, à (r)éveiller chez tout sujet le désir et le plaisir d’entrer dans le « jeu » de la problématisation et de la dynamique qu’elle engendre. »
Lucien et Marie-Christine

Nous vous remercions pour vos courriers, pour vos sincères témoignages et réactions.








Un spectacle « burlo équestre » avec orchestre et troubadours,
récits d’amour  et mauvais tours !
    Une cavalcade chevaleresque et burlesque hors du temps.
    De la poésie humoristique et philosophique
qui raconte des histoires de territoires contadins,
de communes en communautés,
au rythme des chevauchées fantastiques et des joutes héroïques.
Pour une poignée de doll’ Arts !
Quel cirque fantaisiste !


(La création « Chevau Frus » est le résultat d’un stage de Réalisation de la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports du Vaucluse en partenariat avec le Trac de Beaumes de Venise, Projecteurs de Pernes les Fontaines, L’Office de Tourisme de Beaumes de Venise)


Pièces à Pièces
Rendez-vous de l’« été / automne»
Avec le Trac et ses partenaires

« Chevau Frus, joutes territoriales» Stage de réalisation 2006 :

    • Pernes les Fontaines, dans le cadre du Festival Font’Arts : vendredi  4 août à 22h, samedi 5 août à 21h, et dimanche 6 août à 18h près de l'église Notre Dame de Nazareth au bord de la Nesque    voir le programme du festival en cliquant ici
  • Beaumes de Venise, dans le cadre des Attelanes des Balmes dans le parc du château : dimanche 6 août parade 21h et spectacle 21h30 (en partenariat avec l’Office de Tourisme de Beaumes de Venise)

« eXXiLs » Stage de réalisation 2005 :

  • Bedoin    Salle des fêtes    Dimanche 09 juillet    22h00
  • Avignon Festival Centre social la Barbière 11 et 12 juillet 20h30
  • St Gens (le Beaucet)    derrière l’Hermitage    Jeudi 13 juillet    21h00 (en partenariat avec l’APARE et le commune du Beaucet)
  • Redortiers(04)    Ferme La Guerrière    Dimanche 16 juillet    21h00
  • St Geniez (04)    Place du Village    Dimanche 23 juillet    21h30
  • Le Vans (07)        14 ou 15 octobre     sous réserve (en partenariat avec l’Amnesty International)
  • Beaumes de Venise Salle Fracasse    Vendredi 20 octobre     21h00 (en partenariat avec l’Amnesty International)

  • Avignon        Dimanche 22 octobre    18h00 (en partenariat avec le Secours catholique)


« Dom Juan » de Molière . Création Trac 2006 :

  • Beaumes-de-Venise    Salle Fracasse     Jeudi 6 juillet    21h00 sur réservation
  • Malaucène    Cours du Blanchissage    Vendredi 7 juillet    21h30
  • Sisteron (04)    Salle des fêtes    Jeudi 27 juillet    21h30
  • Brantes    Place du village    Vendredi 11 août      21h30
  • Peyresq    Place du village     Dimanche 13 août   21h
  • Caromb    Salle des fêtes    Dimanche 8 octobre    15h00


« Colporteurs d’histoire(s) 2. De la Renaissance à la Révolution»*

  • Sault    Nuits de la Nesque    Vendredi 28 juillet    21h30
  • St Martin les Eaux (04)        Vendredi 8 septembre    21h00

L’Olivier, « Poèmes et Musiques »
Lectures en partenariat avec l’Université Populaire Rurale et  la Chambre d’Agriculture.

  • Carpentras    Chez M. Gontier     Mardi 18 juillet    18h00
  • Le Barroux     Cave coopérative Beaumont    Mardi 25 juillet    17h30
  • St Hyppolite     Château Jovenal         Mercredi 2 août     18h00
  • Mormoiron    Chez M. Marcelin     Mardi 8 août     17h45
(RDV parking de l’école, services de navettes assuré)

Accueil au Pôle

En partenariat avec Musique Solidarité en Provence :
« Ailes » De, et avec Silvia Cimino et Marien Tillet  au bénéfice des actions humanitaires
  • Beaumes    Salle Fracasse    Samedi 7 octobre    20h30 Participation 12 € (plein tarif), 8 € (Tarif réduit) Réservations obligatoires au 04 90 63 47 40

En partenariat avec le théâtre du « Rêve éveillé » d’Orange :
Accueil d’une troupe de Lithuanie :
  •  Beaumes     Salle Fracasse    Jeudi 25 août    se renseigner auprès du Trac<
Publié dans : le Trac écho

Lundi 5 décembre 2005 1 05 /12 /Déc /2005 00:00

Réflexions : Théâtre et démocratie.
(Nous avons regroupé les 2 articles de Marcel paru dans les Trac écho n° 56 et 57)
On sait à peu près que, dans la sphère culturelle occidentale, le théâtre est né il y a environ 2 500 ans à Athènes, en même temps qu’un  premier balbutiement de démocratie.
 Si l’on peut ignorer les thèses tentant d’expliquer une telle coïncidence, comment en rendre compte à s’en tenir seulement à la double expérience qu’on peut avoir au TRAC, expériences dissymétriques le plus souvent, de spectateur et d’acteur, la première présumée ancienne et passablement innocente, la seconde plus ou moins fraîche et un tant soit peu initiée ?
Le théâtre a-t-il à voir avec la démocratie ? Serait-il par nature de la démocratie à l’œuvre dans le champ artistique ? Oui, parce que si la littérature (autre que théâtrale), la musique, la peinture, etc… convoquent ordinairement le public à un tête à tête silencieux et personnel avec le créateur, le théâtre, lui, n’existe que pour et dans le spectacle. Et là, il se passe des choses tout à fait extraordinaires. Des gens de conditions et d’âges très divers font des trajets, parfois longs et pénibles, par grand froid ou grosse chaleur et, sans qu’on les y ait forcés, paient pour voir, dans des conditions matérielles volontiers rudes, des spectacles dont ils ne savent rien, ou si peu.
Devant eux, les acteurs avec un texte à dire; et puis, décors, lumières, musique ; et l’omniprésence invisible du metteur en scène. Ces acteurs qui, en s’exhibant, jouent un peu leur peau sans qu’on les y ait forcés, ont consacré des mois, des années (pour les professionnels) à apprendre peu ou prou à s’exhiber, à incarner publiquement un texte, des idées, des sentiments, des émotions qui sont et ne sont pas les leurs.
Ce qui se produit ici est à rigoureusement parler un corps à corps. Ce corps à corps, exclusif du théâtre, est un dialogue vivant entre deux groupes bien étranges : d’un côté, le Public-nom commun singulier-(« Ce soir, le Public était bon ...») qui est le même ensemble que … les Spectateurs, pluriels et divers (ce ne sont jamais tous les spectateurs qui chuchotent, toussent ou font tomber un portable en même temps ! ).
De l’autre, les acteurs, qu’on désigne parfois, si les circonstances s’y prêtent, par le mot singulier de Troupe. Et chaque acteur, personne singulière mais embarquée dans la même aventure que ses compagnons de plateau, doit être, lui, à l’écoute de chacun des autres et de l’ensemble, du texte, du metteur en scène, de lui-même, et du public ! Ce qui fait que : dans la salle, il y a dialogues ; sur scène, il y a dialogues, de la salle à la scène et en sens inverse, il y a dialogues.
Il y a échanges en tous sens, implicites ou formulés. Chacun se compromet avec l’autre (ou contre), peut exprimer en actes des émotions…
Le théâtre est ainsi, par nature et éminemment, un art du partage, un art du « vivre-ensemble ».
Nous revoilà au chapitre de la démocratie.
P.S. : À l’occasion, dans un prochain Trac écho, nous parlerons des conditions et des limites de validité de cette thèse!

Théâtre et démocratie (suite et fin).

Les propos échappés dans le précédent numéro de « Trac écho » peuvent laisser perplexe. Que le théâtre soit un art du  « vivre ensemble », un art du partage, admettons. Mais qu’est-ce que cela a à voir avec la démocratie ?
Tentons l’approche. Il n’y a pas de démocratie sans sujet autonome, ce qui exige l’accès de tout un chacun à toutes sources d’informations utiles pour pouvoir participer aux débats eux-mêmes nécessaires dans la conduite des affaires forcément conflictuelles de la cité.     Conditions du libre usage de notre raison, de notre jugement. La dernière fois, on avait fait référence aux origines du théâtre dans la Grèce antique. Précisons. L’homme de l’antiquité grecque a été décrit comme passant de la fascination devant un Univers gouverné par les Dieux, et de l’obéissance qui s’en suit à l’étonnement puis au questionnement. Or, (se) demander pourquoi les choses vont comme elles vont, c’est déjà ne plus admettre qu’elles continuent de le faire sans nous : insurrection fondatrice de notre liberté. On cherche à comprendre ; c’est le début de la fin d’une théocratie par définition sans partage (plus mythique qu’historique sans doute). Nous voilà en route sur la voie de la contestation d’un certain ordre du monde.
 Soit : pour l’homme de l’Antiquité grecque, au Ve siècle av. J.C. Mais pour l’homme (d’) aujourd’hui ? Et le théâtre (d’) aujourd’hui dans tout ça ?
 Nous soupçonnons qu’il y a aujourd’hui (et hier, et demain) des Dieux qui par leurs porte-voix-les grands communicants- voudraient nous persuader qu’il y a un Ordre auquel nous devrions nous plier ; que le train du monde ne saurait être aiguillé vers d’autres horizons que ceux qu’ils ont fixés sous peine de dérailler. Nous soupçonnons que ces grands communicants font, chaque jour que Dieu fait, bien sûr, un grand tapage, beaucoup de gesticulation pour nous tourner la tête, nous rendre idiots, bref, nous fasciner (fascination : charme, enchantement, maléfice). Un peu de pain, beaucoup de jeux.
Et bien ! Par sa nature même, donc (cf. n°56 du Trac écho), le théâtre peut être un lieu privilégié où se découvrent les cachettes des Dieux, où l’on peut décoder leurs discours, donner sens à leurs grondements - gronderies - et réponse à leur(s) ordre(s).

Petite agora de voisinage en forme d’utopie portative. Mais pour cela, il s’agit que, côté scène et coulisses comme côté salle, chacun soit en éveil, à l’écoute, prêt à jouer au chat et à la souris avec les hôtes de nos olympes contemporains.
Marcel Leccia

Publié dans : le Trac écho

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