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A la rencontre de quatre écritures contemporaines

 Quatre ateliers de 3 heures (de 20 h à 23 h) organisés chacun autour :

§         Temps d’activités physiques (échauffement, training de l’acteur)

§         Découverte d’un auteur (biographie / bibliographie sommaires), quelques    paroles sur le théâtre et l’écriture…

§         Lectures d’extraits d’œuvres contemporaines

§         Mise en espace de fragments


Premier atelier : Mardi 22 Septembre        Suzanne Lebeau

Suzanne Lebeau est attirée par le théâtre dès 1966. Elle se destine d’abord à une carrière d’actrice : de 1966 à 1973, elle joue Molière, Ionesco et Stoppard tout en poursuivant sa formation aux côtés de Jacques Crête et de Gilles Maheu à Montréal, puis auprès d’Étienne Decroux à Paris. Elle fait également un stage d’un an en Pologne, se partageant entre le Théâtre de pantomime et le Théâtre de marionnettes de Wroclaw. Après avoir fondé le Carrousel avec Gervais Gaudreault en 1975, Suzanne Lebeau délaisse peu à peu l’interprétation pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Aujourd’hui, elle a plus d’une vingtaine de pièces originales, trois adaptations et plusieurs traductions à son actif. Suzanne Lebeau est reconnue internationalement comme l’un des chefs de file de la dramaturgie pour jeunes publics et compte parmi les auteurs québécois les plus joués à travers le monde. La plupart de ses œuvres sont publiées et traduites, certaines en plusieurs langues.  À partir de 1993, la dramaturge séjourne à quelques reprises à la Chartreuse-Centre National des Écritures du Spectacle (France) pour donner des ateliers et des conférences ou participer à des résidences d’auteurs.  L’importance de l’œuvre de Suzanne Lebeau et sa contribution exceptionnelle à l’épanouissement de la dramaturgie pour jeunes publics, au pays comme à l’étranger, lui valent de nombreux prix et distinctions.  En 1998, l’Assemblée internationale des parlementaires de langue française lui décerne le grade de Chevalier de l’Ordre de la Pléiade pour l’ensemble de son œuvre. Elle a été distinguée par la Comédie Française au terme des Journées de lectures d'auteurs contemporains (2008). Elle est finaliste aux Molières pour L’Ogrelet (2007) et Petit Pierre (2008). Enfin, Suzanne Lebeau a enseigné l’écriture pour jeunes publics à l’École nationale de théâtre du Canada pendant 13 ans et elle agit comme conseillère auprès des jeunes auteurs d’ici et d’ailleurs, contribuant ainsi à l’émergence de nouvelles écritures pour enfants.

Texte sur lequel nous travaillerons : Petit Pierre

 Petit Pierre, garçon vacher à moitié aveugle, quasi sourd et muet, est né avec le XXe siècle et son cortège de drames. Sa petite histoire, celle d’un collectionneur de petits riens devenu créateur d’une fabuleuse machine, se mêle avec l’Histoire et « sa grande hache », celle des guerres, de la folie des hommes mais aussi du progrès qui les oublie en route.
Suzanne Lebeau, par l’entremise de deux conteuses, véritables Parques remplies de tendresse, tisse le portrait sensible d’un enfant du siècle, inspiré de l'existence de Pierre Avezard.


Deuxième atelier : Mardi 29 Septembre   Jean Cagnard

  Né en 1955 à Colombelles, Calvados
«La naissance en 1955, pas loin de la mer, tout près de la métallurgie. Plus tard, pas mal de petits boulots, rencontre avec l’écriture, bonjour, des chantiers de maçonnerie, tout en écrivant. Puis les choses prennent leur place, certaines disparaissent, au revoir, d’autres se fortifient, on élargit la vie, écrire est ce qu’il faut faire à tout prix.
Commençant par le roman, poursuivant par la nouvelle, le théâtre s’invite par des adaptations des deux genres précédents, avant de devenir prioritaire. La poésie pendant ce temps trace son chemin librement. Rencontre à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon du théâtre de marionnettes et collaboration depuis avec plusieurs compagnies (effigies, installation, vidéos…), par des commandes qui ouvrent sur la relation au plateau. Dernièrement, découverte du travail de clown et du théâtre de rue.
L’écriture est une matière vivante et donc susceptible de rencontrer des univers et des publics différents. Chaque fois un voyage.
Parallèlement, j’anime des ateliers d’écriture en milieu scolaire, associatif et hospitalier et c’est stimulant.»
Texte sur lequel nous travaillerons : Les gens légers " Tu les veux mes yeux ? »
Ça raconte ça, ce voyage qui a conduit six millions de gens à perdre ce qui les composait pour devenir ce qu’on leur demandait, une fumée noire. Pour cela, il fallut s’alléger, de poids, d’esprit, prendre la prouesse de l’oubli au centre de soi, apprendre sans peau et sans frontière. Mais pas d’inquiétude, le travail était facilité, le séjour organisé ; on surveillait à ce que chacun fût considéré personnellement. Ici concrètement on peut rencontrer un tas de cendres dans la rue, lui parler, ça commence bien, plus loin on peut danser avec un train ou une cheminée, comme avec l’avenir lorsqu’il se rapproche, croiser un homme qui à la manivelle rétrécit aveuglément le ciel, avec un don précis d’ubiquité semble-t-il ; il y a aussi cette famille qui se change les âges, se recompose, plus de jeunes plus de vieux, pour passer au travers du gros appétit qui menace — raté ; il y a une petite fille qui marche qui marche, toute pleine de bonnes questions brutales, la conscience de tout cela, sept ans et demi ; il y a cette grosse miette qu’est devenue ma main — est-ce que je peux me jeter sur cette grosse miette ? ; il y a le Chevalier Estomac qui montre comment quitter le sol pour rejoindre l’aspect des fantômes ; il y a ces voix de chaque côté du squelette, l’occasion de danser encore, ce n’est pas tous les jours cette légèreté ; pour quelques uns le retour où il fera bon s’essuyer les pieds sur un chien, s’essuyer pour enlever la saleté des yeux, la saleté. Tu les veux mes yeux ? J’en veux plus... Nous, gardons les nôtres, la petite fille à la fin en fera des souvenirs. Ou bien de la nourriture.



Troisième atelier mardi 6 octobre Catherine Zambon

 Née à Villefranche-sur-Saône, de parents Italiens.
Après des études au conservatoire de région de Lille, elle poursuit une carrière d’actrice, de metteur en scène et d’écrivain. Elle a travaillé en tant que comédienne, sous la direction de Pierre-Etienne Heyman, Jean-Louis Martin Barbaz, Jean-Luc Jeener, Catherine Dasté, François Cervantes etc. ... Elle a co-dirigé une compagnie : le théâtre de l’Engeance (implantée dans le Nord).
Parmi ses nombreuses pièces, on peut citer Le Jardin d’agrément, Catarineto (ed. Lansman), La Héronnière (idem-mise en scène : Yves Chenevoy, hiver 2000), La Mauvaise, Sissi pieds-jaunes (L’école des loisirs).
Productions récentes : La Héronnière mise en scène de Yves Chenevoy ; Sissi pieds-jaunes mise en scène de Yvon Chaix ; Voyage en Paéma mise en scène de Michèle Dhallu ; Samain et Samainuscule, opéras mis en scène par Sylvie Baillon ; et Grands et Petits, texte écrit à partir de rencontres avec des enfants d’un institut médico-éducatif de la Somme.
Catherine Zambon dirige également des ateliers d’écriture auprès de populations diverses (Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes, milieu rural, jeunes en difficultés…)  
Texte sur lequel nous travaillerons : Les inavouables

 Les Inavouables sont autant de pièces d’un puzzle sans modèle mais qui porte en lui la promesse d’un regard sur le monde d’aujourd’hui dans ce qu’il a de plus effrayant, mais aussi de plus drôle et de plus émouvant. C’est ici le langage qui doit faire exister ces « personnages de théâtre », les faire surgir puis disparaître. Et c’est autant la forme de cette langue que son contenu qui va nous rappeler celui ou celle qu’on a déjà rencontré dans la « vraie vie ». Et ce n’est plus seulement pour un « bonjour » ou un regard en douce, c’est ici dans l’intimité d’une parole libérée, toute l’humanité révélée de cet autre auquel on ne croyait plus.
Les petites confessions dans la grande catastrophe de la vie… les petites histoires qui existent dans la grande confusion du monde et de la famille…


Quatrième atelier : Mardi 13 Octobre        Fabrice Melquiot

 Né en 1972, il découvre le théâtre en 1989. D'abord comédien, Fabrice Melquiot se consacre depuis 1998 à l'écriture. Son premier texte Le Jardin de Beamon, mis en onde par Christine Bernard-Sugy, reçoit en 1998 le Prix Paul Gilson de la communauté des radios publiques de langue française.
Auteur d'une vingtaine de pièces publiées à l'Arche et à L' École des Loisirs, il est traduit dans plusieurs pays et a reçu en 2003 le Prix du Syndicat de la Critique de la révélation théâtrale ainsi que le Prix Nouveau Talent Radio de la SACD. Il fait également partie du collectif artistique de la Comédie de Reims, dirigée par Emmanuel Demarcy-Mota, qui a mis en scène en 2002-2003 deux de ses pièces : Le Diable en partage et L'Inattendu. Fabrice Melquiot fut d’abord acteur avec Emmanuel Demarcy-Mota et la compagnie Théâtre des Millefontaines.  Parallèlement il écrit. En 1998 ses premiers textes pour enfants Les petits mélancoliques et Le jardin de Beamon sont publiés à l’Ecole des loisirs et diffusés sur France Culture. Il reçoit le Grand Prix Paul Gilson de la Communauté des radios publiques de langue française et, à Bratislava, le Prix européen de la meilleure œuvre radiophonique pour adolescents.          Depuis quelques années, il se consacre entièrement à l’écriture.

 Texte sur lequel nous travaillerons :  Le monde inouï

 Savez-vous que sous nos pieds, c’est creux ? Pas les égouts, ou quelque petit aven.

Non, partout, c’est creux, une vaste cavité entre la croûte et le noyau. C’est là que vivent les morts, là-dessous, et s’il vous plaît, là-haut, prenez des patins quand vous marchez… Ainsi parle Balhazar, Haut-responsable du monde inouï, gardien de la caverne des plâtres.  Mais attention, il y en a qui tentent l’aventure, et qui descendent : les gouttes de pluie, elles s’infiltrent, se faufilent et passent des nuages à la grande caverne. Il y a aussi le Petite fille Ours, Odessa, la femme sèche, et l’enfant Non qui ne veut pas naître, et la voix du conseil des grands morts…

Tag(s) : #Formations & stages