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Dom Juan de Molière
Création TRAC 2006


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Acte II, scène 1 sur Ventoux-tv.com rubrique culture

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Plaquette


Après « La jalousie de Barbouillé », « Les fourberies de Scapin » et « L’avare », le Trac essaie de donner son interprétation du Dom Juan de Molière.

Avec cette pièce écrite et jouée en 1665, Molière continue de sonder l’âme humaine dans sa plus profonde vérité en déployant subtilement les armes de la comédie.
Il avait exprimé au Roi son intention d’utiliser le rire pour «attaquer … les vices de son siècle» dont l’hypocrisie, mais il voulait aussi employer les effets spéciaux de l’époque, « le théâtre à machines ».

Comme tout chef d’œuvre, la lecture de cette pièce demeure problématique et ambiguë. Approche-t-on à travers elle, la pensée de Molière qui se rapprocherait d’un certain libertinage intellectuel du XVIIème siècle, diffusé par le philosophe Gassendi selon les idées d’Épicure ?
Comment comprendre et interpréter le personnage de Dom Juan qui repousse et fascine à la fois ? Sa quête du plaisir, entre cynisme et élégance ouvre pourtant la voie à la liberté de conscience, refuse les superstitions, l’ordre moral et social. Ses provocations, son rationalisme insolent bafouent le monde des croyances et des apparences.

Face à une œuvre aussi ouverte, aussi « visitée », quelle approche peut-on en faire pour intriguer encore le spectateur du XXIème siècle ?
Outre l’éclat des mots de Molière, nous pensons donner un éclairage particulier à la mise en spectacle du corps.

Dom Juan possède certes le don de dire mais ne se sert-il pas à merveille de l’atout corporel dans sa stratégie de séduction ? Son discours, sa voix, ses mouvements, son panache sont indissociables d’un sens certain de l’esthétique, d’où peut émerger le beau geste calculé, rythmé et d’une redoutable cruauté.  Mais le brillant Seigneur ne pourrait se mettre en scène, s’il n’avait pour miroir constant et pour spectateur actif, son fidèle valet : Sganarelle !

Du mythe au rebelle

Le personnage de Dom Juan est un mythe sur fond d’aventures galantes, né dans l’Espagne du siècle d’or, sous la plume de Tirso de Molina (« Le trompeur de Séville », 1620), décliné ensuite par les comédiens italiens, mis en vers par Thomas Corneille, et en musique avec les opéras du XVIIIème siècle, dont le « Don Giovanni » de Mozart. Mais à l’épreuve de la scène, le Dom Juan de Molière, se charge à nos yeux de l’énergie paradoxale de tout être humain qui vibre ici dans la force de conviction, de séduction, de rébellion. Jusqu’à prendre le parti du présent éphémère contre l’éternité et le Ciel.
Vincent Siano - Metteur en Scène  
 

C’est toujours avec une grande émotion que nous nous apprêtons à faire renaître des personnages de théâtre : de leur prêter un corps, une voix, et d’essayer de recomposer et transmettre les passions et les sentiments qui couvent, le livre fermé ; sous la cendre des mots, comme braises qui ne demandent que notre souffle pour reprendre flamme.

A Beaumes de Venise, depuis quelques mois, des comédiens alimentent incessamment le feu toujours fragile du théâtre - Dire qu’ils « travaillent » est peu dire : Ensemble, jour après jour, ils ont bâti un amour de serre chaude qui préserve d’un froid toujours possible d’absence de poésie, comme peut manquer un soleil dans un ciel d’été – Quelques fleurs rares sont en train d’éclore : elles sont belles de fragilité ; mais vénéneuses, voire carnivores aussi (il s’agit d’un Dom Juan !) Mais tout cela ne serait rien s’il n’y avait toutes ces vies qui s’y forment pour atteindre d’autres vies, pour partager un passage.

Certains disent qu’ils sont amateurs ; mais nous n’en avons cure : pour eux (je l’ai pressenti), l’essentiel est de continuer à danser avec le feu. Vincent Siano est à l’origine de ce bouquet composite ; je le sais assez humble pour le déposer aux pieds de Molière ; et de ce Dom Juan, laisser s’échapper, comme autant d’espoirs, de multiples papillons colorés pour un printemps nouveau de théâtre.  

                                                        Jean Pierre Raffaëlli (Directeur du Conservatoire d’Art Dramatique de Marseille) Intervenant sur cette création du TRAC pour la formation et la direction d’acteurs 

 DOM JUAN,  quelques citations :   

"La séduction particulière qu’exerce Dom Juan ne s’explique pas seulement par l’extraordinaire efficacité dramatique et comique de la pièce, par sa richesse, sa complexité ou sa vigueur provocante : elle naît sans doute aussi de ce mystère, de ces silences qui confèrent au personnage de Dom Juan une stature fascinante et inquiétante, et font de lui une des créations les plus mémorables du théâtre de Molière."

Boris Donne  

« Qui peut supporter la hardiesse d’un farceur qui fait plaisanterie de la religion, qui tient école du libertinage, et qui rend la majesté de Dieu le jouet d’un maître et d’un valet de théâtre, d’un athée qui s’en rit, et d’un valet, plus impie que son maître, qui en fait rire les autres ? […] Un Molière, pire que tout cela, habillé en Sganarelle, qui se moque de Dieu et du Diable, qui joue le Ciel et l’Enfer, qui souffle le chaud et le froid, qui confond la vertu et le vice, qui croit et ne croit pas, qui pleure et qui rit, qui reprend et qui approuve, qui est censeur et athée, qui est hypocrite et libertin, qui est homme et démon tout ensemble : un diable incarné, comme lui-même se définit. » Sieur de Rochemont


Distribution :

Dom juan
Georges Bresson
Sganarelle
Vincent Siano
Elvire
Christelle Boulvin

Mathurine

Emilie Lecot

Gusman ; Monsieur Dimanche ;
un spadassin
Hervé Bonzom
Dom Carlos ; Le Musicien
Denis Mergault
Dom Alonse ; Le Commandeur ;
un spadassin
Thomas Bréant
Dom Louis ; un pauvre
Michel Pomme
l'Espagnole ; Charlotte ; La Violette
Saphia Loiry
Pierrot ; un spadassin
Gilbert Chiron
Mise en scène et direction d'acteurs   :
Vincent Siano
Jean Pierre Raffaëlli
Scénographie :

Décors :
Patrick Roux
Éclairage et son :
Mathieu Charasson
Thibault Maillet
Arrangements musicaux :
Florent Gattel
Costumes :
Olivia Charbonnel
Accessoires ; masques :
Cathy Arnaud
Maquillages :
Cathy Arnaud
Laure Chiron
Affiche & plaquette
KGB
 

Remerciements à :

Lydia Cevaër pour le prêt et la décoration du mobilier

Paul Peyre pour la traduction en provençal des textes "patoisant"

Suzanne Mas-Rubio pour la traduction et la prononciation en espagnol  de "Fumando espero" 


 Lisez le résumé de Dom Juan acte par acte sur  : www.alalettre.com/moliere-domjuan.htm

Vous pouvez également retrouver les oeuvres de Molière sur www.alalettre.com/moliere

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Tag(s) : #Répertoire Théâtral

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